Décapage cryogénique sur carrosserie : démêler le vrai du faux !

Chaque mois, vous êtes nombreux à nous demander si le décapage cryogénique sur peinture carrosserie est efficace. La question n’est pas innocente, car beaucoup d’entre vous aimeraient tout simplement abandonner le procédé de sablage traditionnel au profit d’un procédé de mise à nue des surfaces moins contraignant.

Vraies ou fausses, des vidéos circulent sur le net qui entretiennent le mystère de l’efficacité du décapage cryogénique sur carrosserie.
Vous 
trouverez ci-dessous, une parfaite illustration du sujet abordé (voir vidéo ci-dessous)…

Télécharger l’infographie :
Nettoyage cryogénique : exemples d’applications sur automobile, en cliquant ici

Applications de nettoyage cryogénique y compris décapage carrosserie

Après avoir visionné cette vidéo, on retient ceci :

  • Le résultat est impressionnant par la rapidité et la qualité: la peinture ne résiste pas et le métal n’est pas abîmé (respect total des surfaces).
  • Pas de déchets au sol ou si peu : pas de poussières, ni d’eau, pas de présence de décapant chimique…

Bref, on pourrait être tenté de conclure que la projection de glace carbonique est la technique par excellence pour la remise en état des carrosseries automobiles !

Ce que vous ignorez…

Les peintures automobiles de nos jours, dites “bi-composants”, n’ont rien à craindre ou presque du nettoyage cryogénique 🙂

 Pourquoi ?

 Le nettoyage par cryogénie agit sous le principe d’une interaction de 3 phénomènes :

  • Energie cinétique : énergie dégagée à l’impact de la glace carbonique,
  • Différentiel thermique : différence de la température du support et de la pollution (ici la peinture exposée à un tir à -80°c)
  • Sublimation : passage de l’état solide à l’état de gaz de la glace qui souffle la saleté.

 

La carrosserie des véhicules est composée en règle générale de 3 couches, en partant du métal :

  • couche de primaire d’accroche (base d’apprêt),
  • couche de couleur,
  • couche de vernis.

Les peintures de nos automobiles sont dans une certaine mesure élaborées pour supporter de nombreuses agressions: gravillons, grandes chaleurs, températures froides et extrêmes de l’hiver : Canada, Russie…

Mais…

La dureté de la glace carbonique est de seulement 1,5 mohs soit la dureté de la craie* : autant dire, que le nettoyage cryogénique n’est pas un procédé abrasif.

Donc sur des peintures bi-composants, qui sont très largement employées aujourd’hui, la cryogénie n’est tout simplement pas la méthode la plus adaptée.

Imaginez : après un hiver très rigoureux la peinture de nos voitures s’écaille car incapable de supporter les basses température… cela ferait la joie des carrossiers et le malheur de notre porte-monnaie !

Malgré le froid de la glace carbonique, la peinture des automobiles ne se décolle pas : le différentiel thermique engendré sur la peinture, par rapport à la carrosserie est sans incidence sur le degré de cohésion de la peinture.

*composée essentiellement de calcite de dureté 3 mohs on estime que la dureté de la craie est de 1.5 mohs

Dureté de la glace carbonique comparable à celle de la craie, soit: 1.5 mohs…

Comment réagit donc, une peinture auto face à un tir cryogénique ?

Un tir cryogénique va très lentement affectée la couche de vernis, puis dans un deuxième temps la couche de couleur sera atténuée, puis… en règle générale “la cryo” ne va pas au-delà : la couche d’apprêt n’a rien à craindre ou presque de la cryogénie.

Mais attention, le décapage du vernis et de la couleur s’effectue à des pressions, des volumes d’air, dans un temps si importants et une consommation de glace carbonique si astronomique, que ce type de procédé n’a aucun intérêt économiquement parlant.

Imaginez que le décapage de la carrosserie s’effectue en 2 ou 3 jours, et donc pour un prix astronomique et pour un résultat médiocre !

Très bien, mais concernant cette vidéo Youtube (ci-dessus) ?

Eh bien oui, la vidéo Youtube montre le décapage d’une carrosserie, mais rien ne nous indique quelle est la nature exacte de la peinture décapée.

Il pourrait très bien s’agir d’une peinture de décoration intérieure brillante en spray, telle que l’on trouve dans les magasins de bricolage et effectivement un tir cryogénique sur ce type de peinture est très efficace.

En revanche, pour le décapage d’une carrosserie ancienne, comme dans le cas de la restauration automobile où la peinture est disons… fatiguée et dont la nature est bien différente des compositions actuelles : pourquoi pas ?

Seul un test pourrait prouver que le procédé cryogénique s’applique ou non dans ce cas.

Par contre, oui il existe un procédé de décapage cryogénique capable d’utiliser une infime partie d’abrasif en comparaison aux procédés traditionnels tels que le sablage ou le gommage, pour le décapage des carrosseries automobiles. Son nom : le gommage cryogénique.

Découvrez plus en détail ce procédé en cliquant sur le lien de l’article ci-dessous.