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Les origines de la glace carbonique – Partie 1

Il est important que vous soyez convaincu que l’histoire du nettoyage cryogénique est étroitement liée à celle du CO₂ et de sa forme solide : la carboglace.

Nous allons donc dans ce chapitre, nous attarder sur les origines de la glace carbonique : découverte, dates phares, applications… car nous restons convaincus que l’on ne défend jamais aussi bien son sujet que lorsque l’on le connaît par cœur !

Alors, placez votre portable en mode silencieux, baissez le son de votre téléviseur, préparez-vous un café ou un thé et… c’est parti !

Tout débute en 1834…

En 1834, le chimiste français Adrien Jean Pierre Thilorier conçoit et assemble un appareil dans le but est la liquéfaction du CO₂.

Un an après en 1835, lorsque ce chimiste ouvre un récipient pressurisé de gaz carbonique sous forme liquide : il découvre alors que ce dernier soumis à la pression atmosphérique, produit durant son évaporation de la “neige carbonique“.

Voici un court extrait du compte rendu fourni par Monsieur Thilorier à l’académie des sciences :

Générateur de CO₂ liquide inventé par Adrien Jean Pierre Thilorier en 1834. Partie gauche : générateur de CO₂ liquide. Partie droite : récipient pressurisé

« J’ai eu l’honneur, dans la première séance, d’entretenir l’Académie des phénomènes qui accompagnent la liquéfaction du gaz acide carbonique; je lui annonce aujourd’hui le fait important pour la science, de la solidification de ce gaz. Ce premier exemple d’un gaz devenu solide et concret, est d’autant plus remarquable, qu’il s’agit d’un des gaz qui exigent l’action mécanique la plus puissante pour arriver à la liquéfaction, et qui reprennent avec le plus de promptitude leur première forme, lorsque la compression vient à cesser. » Gazeux à la température et à la pression ordinaires, et liquide à 0°, sous la pression de 36 atmosphères, l’acide carbonique devient solide à une température voisine du centième de degré au-dessous de la glace fondante, et se maintient, pendant quelques minutes, dans ce nouvel état, à l’air libre et sans qu’il soit besoin d’exercer sur lui aucune compression…”

Extrait de “Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences”
Lien internet: http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k29606/f194.table

Petite précision… Adrien Jean Pierre Thilorier ne fut pas le premier à liquéfier le CO₂. En effet, cet honneur revient au physicien et chimiste Michael Faraday plus connu pour ses travaux sur l’électromagnétisme.

Toutefois, le chimiste français arrive à fabriquer une quantité suffisante pour mesurer et observer ses propriétés.

Aujourd’hui encore on peut produire de la « neige carbonique » mais d’une manière beaucoup plus simple. Comment ? Avec un simple extincteur CO₂.

Voici une vidéo (ci-dessous) qui vous explique pas à pas comment procéder.

L’opération doit être effectuée dans un endroit suffisamment ventilé. Le port des gants et des lunettes de protection est obligatoire.

Quelques dates phares : 1897 à 1932

Durant les 60 années qui vont suivre la découverte du CO₂ solide (1835) et bien que continuant d’être l’objet d’observations et d’études, aucune application commerciale ne découlera de cette découverte…

Quelques dates donc…

 

  • En 1897, un médecin de l’armée anglaise, Herbert Samuel Elworthy dépose un brevet pour la fabrication de glace carbonique dans le but de créer à volonté de l’eau gazeuse pour son whisky. Toutefois, les récipients métalliques sont beaucoup trop lourds à transporter : une bouteille de 50 kilogrammes contient environ 25 kilogrammes de CO₂ et permet de produire environ 12 kg de neige carbonique et 13 kg de CO₂ gazeux.

  • En 1925, La première utilisation commerciale de la glace carbonique est réalisée aux États-Unis par la société Prest Air Devices : extincteurs, pompes à vélo, pistolet de dégraissage, ect. Sur les différentes applications commerciales, seuls les extincteurs connaîtront un succès commercial.

Photos extincteurs : remerciements à Pat Holohan et à toute l’équipe de Oldfirestuff. Lien internet: http://www.oldfirestuff.com

  • Toujours en 1925, la société Prest Air Devices deviendra la DryIce Corporation et déposera le nom de « Dry Ice » pour « glace sèche »: Ce nom, “glace sèche” provient de la particularité physique du CO₂ solide. En effet, elle passe directement de l’état solide à l’état gazeux sans passer par une phase liquide
  • En 1926, premier succès commercial de La glace carbonique, celle-ci est proposée comme moyen de conservation de la crème glacé auprès de Shaff’s Store, puis en 1927 d’autres fabricants de glace emboîtent le pas dont la société Breyer Ice Cream.

Bien que le co2 solide ne soit pas comestible, il est adapté à la conservation des aliments…

  • En 1929, les sociétés DryIce Corporation et Liquide Carbonic s’associent et lancent ensemble la construction de 17 plateformes de fabrication de glace carbonique, à travers les États-Unis. Puis, avant que les plateformes soient achevées dans leur construction, ces entreprises se séparent et deviennent concurrentes.
  • En 1932, la glace carbonique est proposée auprès de la compagnie des chemins de fer : 12 wagons seront équipés pour le transport de cette dernière. Toutefois, malgré les qualités réfrigérantes du CO₂ solide, c’est la réfrigération mécanique qui restera la solution la plus adoptée pour le transport des denrées.

Photos 1937 de Car Builders Cyclopedia.

  • Toujours en 1932, le total des entreprises fabricants de la glace carbonique est de 7, pour une fabrication annuelle de 54 540 Tonnes.

Dans le prochain article, nous aborderons les dates phares de 1942 à 1980, avec en prime une vidéo de fabrication de glace carbonique des années 30 !